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Le basket béninois, une passion qui s’élève !

Itw avec Fadil Allassane : « Le basket béninois, c’est comme moi : grand, costaud, plein de cœur…mais il lui manque encore les bonnes chaussures pour courir avec les grands. »

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L’international béninois et sociétaire d’ASPAC BBC du Bénin a accordé une interview à la rédaction de BÉNIN BASKUP. Fadil revient sur son parcours et l’évolution du basketball béninois.

Peux-tu nous parler brièvement de ton parcours dans le basketball ?

Je m’appelle Fadil Alassane, sociétaire de l’ASPAC, le club de basketball du Port Autonome de Cotonou. J’ai découvert le basket à 13 ans au sein de Shooting Stars. Après une saison en passerelle, puis une autre chez les cadets, j’ai intégré les seniors de Destiny dès 2018.En 2021, j’ai rejoint ASPAC, avec qui j’ai remporté le titre de champion de la première édition de la YouZou Ligue Pro. Et aujourd’hui encore, ASPAC reste ma maison.

Comment as-tu découvert le basket et pourquoi ce choix, sachant que tu pratiques aussi le rugby ?

J’ai découvert le basketball grâce à M. Juvénal, mon professeur de sport en classe de quatrième. Il m’a repéré et m’a dit : « Viens t’essayer, le terrain est juste à côté de chez toi. » Un samedi, il a même organisé un programme et est venu me chercher à la maison. Il m’a emmené sur le terrain… et là, coup de foudre. Le ballon, le bruit, le mouvement : j’ai accroché direct.
Et oui, le rugby est venu après le basket.

Fadil ALLASSANE face à Avrankou Omnisports / ©️Olivianne BOLADE

Tu es à ASPAC depuis plusieurs années. Que représente ce club pour toi aujourd’hui ?

ASPAC, c’est ma deuxième famille. Après la maison, c’est ma vraie maison. Tout simplement.

Quels sont les plus grands défis auxquels un joueur local fait face dans le championnat béninois ?

Il y a le manque d’infrastructures adaptées, les difficultés financières, et l’absence de sponsors stables. On peut aussi parler de la faible visibilité du basketball au Bénin et du manque d’engouement du public.

« On a le talent brut, mais il y a encore beaucoup de marges de progression. »

Que penses-tu du niveau du basketball béninois aujourd’hui ?

On est en train de construire notre basket. La fédération (FBBB pousse), le gouvernement a mis des moyens, les clubs investissent. Mais le gap avec l’élite africaine (Sénégal, Côte d’Ivoire, Angola) reste énorme. On a le talent brut, mais il y a encore beaucoup de marges de progression.

Le basket béninois, c’est comme moi : grand, costaud, plein de cœur… mais il lui manque encore les bonnes chaussures pour courir avec les grands. On a les moyens d’être dans le Top 8 africain d’ici cinq ans. Les infrastructures ? Un mirage. Bref, on joue avec le cœur… et parfois avec des baskets trouées.

Tu fais partie des sélections 3×3 et 5×5 du Bénin, avec plusieurs compétitions à ton actif. Que retiens-tu de ces expériences ?

J’ai énormément appris, et je le dis avec humilité. Chaque sélection, chaque match, chaque voyage m’a rappelé que je ne sais clairement pas tout de ce sport. Je ne suis pas un crack, je suis un apprenant. Chaque expérience m’a montré mes failles, m’a rapproché de mes frères et m’a rendu plus Béninois que jamais. Merci à la FBBB, aux coaches, aux staffs, et aux gamins qui me regardent avec des étoiles dans les yeux. Je ne suis rien sans eux.

Rachdi SANE, Salim KORA, Adeshokan ODOU et Fadil ALLASSANE ont remporté le LIE QUEST Porto-Novo 2025 / ©️FBBB

« Le Bénin m’a tout donné » Fadil Allassane

Fadil, jusqu’ici au Bénin. As-tu des ambitions de carrière à l’international ?

Bien sûr. L’international, c’est un rêve que je porte depuis que je suis gamin. Le Bénin m’a tout donné : la base, les frères, le feu. Mais je vise plus haut. Une vraie carrière en Europe ou à la BAL, être titulaire dans un club qui compte, pour ramener du niveau ici.
Pas pour l’ego, non. Pour ouvrir des portes aux suivants. Ça se fera, pas à pas. J’apprends, je travaille.

Un message aux jeunes qui rêvent de suivre ton chemin ?

Rêvez grand, bossez dur, restez humbles. Le maillot du Bénin, c’est une force. N’abandonnez jamais.

Ton plus beau souvenir sur un parquet ?

J’en ai tellement… Je dirais que chaque minute passée sur le terrain est inoubliable.

Fadil Alassane, aka “L’Assassin n’est jamais beau”. D’où vient ce surnom ?

Ce sont mes fans de la LDB (Ligue de Développement de Basket d’Abomey-Calavi) qui m’ont donné ce surnom, après un match à 70 points.

Rachidi DOSSA

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